LabDSR

Idem Altera de Peter Trosztmer, Zach Settle, et Osman Zeki
avec Peter Trosztmer

De 2018 à 2020, le Laboratoire de développement des publics de la danse à l’aide du numérique (LabDSR) est un projet pilote qui a accompagné quatre équipes d’artistes et de diffuseurs dans la cocréation, le prototypage et la production de quatre initiatives numériques originales de développement des publics.

Imaginé par Pierre-David Rodrigue avec l’aide de Marika Laforest et Annie Chénier, et produit par La DSR, l’initiative été généreusement soutenue par le Fonds stratégie numérique du Conseil des arts du Canada, dans la composante Développement de publics, et a bénéficié de l’apport de nombreux partenaires, dont Québec numérique, Culture pour tous, La Machinerie des arts, le Regroupement québécois de la danse et les HEC de Montréal.

Volet
expérimental

Le premier volet du LabDSR visait à réunir des équipes mixtes, de diffuseurs et d’artistes, dans un processus d’innovation collective afin de prototyper des solutions numériques qui augmenteraient l’engagement les spectateurs et les non spectateurs avec la danse.

Au terme d’un appel de candidatures pancanadien ouvert à tous les acteurs du milieu, et d’un hackathon de deux jours réalisé en novembre 2018, un comité de sages a évalué les propositions soumises et sélectionné quatre projets qui ont bénéficié d’un appui financier jusqu’à 29 500$ chacun pour poursuivre le développement de leur prototypes sur une période d’un an. À l’automne 2019, lors d’une conférence présentée dans le cadre de Parcours Danse devant un public international de plus de 140 professionnels de la danse, ces quatre équipes ont pu présenter les réussites et le défis auxquels ils ont été confrontés lors de leurs explorations.

Dans un projet numérique de cette nature, les démarches itératives sont valorisées peu importe le résultat final de l’expérimentation. Vous pouvez lire à la suite les grandes lignes des projets développés, et si vous désirez en savoir davantage sur une de ces initiatives, les cahiers de charges complets seront publiés sur le nouveau site Web de La DSR dès la fin septembre 2020.

Le bon spectateur vers le bon spectacle

Équipe Danse Danse, Centre culturel de l’Université de Sherbrooke et RUBBERBAND

Ayant fait l’observation que la première expérience d’un spectacle de danse était souvent déterminante dans le parcours d’un spectateur, cette équipe visait à accompagner les néophytes en danse dans la sélection de leur premier spectacle de danse contemporaine à travers un questionnaire numérique ludique.

Au terme d’une série de questions à choix multiples servant à définir les grandes lignes de la personnalité et des goûts du futur spectateur, l’application devait retourner une liste de suggestions de spectacles avec des pourcentages de similitude et un lien vers la billetterie du diffuseur, les encourageant à faire le saut vers la danse.

Cependant, au terme du projet, les différentes versions du questionnaire développées n’étaient pas suffisamment convaincants pour qu’elles puissent être diffusées auprès de leurs publics. Les défis se retrouvaient à deux niveaux : la validité des résultats lors des exercices d’échantillonnage, et les soucis éthiques soulevés en lien à la classification des spectateurs et des œuvres selon des critères binaires.

Il reste que le désir de ramener les spectateurs au centre de leur propre trajectoire artistique pour leur permettre de prendre des risques à leur mesure est
centrale au travail de tout diffuseur, et l’idée d’un outil numérique pour appuyer ce travail mérite d’être poussée plus loin.

Corps numérique, corps dansant

Équipe Petit Théâtre du Vieux Noranda et le collectif Danse to go

Loin des pôles de la danse contemporaine, le Petit Théâtre du Vieux Noranda doit déployer des efforts importants afin de faire connaître cette discipline en région, surtout qu’elle peut souvent être perçue comme hermétique et élitiste auprès des nouveaux publics. Cherchant des approches ludiques pour démocratiser la discipline et rapprocher les spectateurs de ce qui se passe dans les grands centres, cette équipe a d’abord exploré l’idée de présenter des œuvres où les interprètes et les publics seraient en télé-présence grâce la Station scénique développée par la SAT.

Malheureusement, l’outil n’était pas suffisamment à point au moment de commencer les expérimentations. Ils ont donc revu leur proposition initiale pour miser sur le développement de l’empathie kinesthésique en créant quatre installations numériques démontables et transportables qui amènent le spectateur à bouger et à s’approprier l’espace en réponse à différents stimuli, pour ainsi mieux comprendre certains aspects plus nébuleux d’une démarche de création chorégraphique contemporaine.

Elles ont été présentées et documentées lors des journées de la culture 2019 à Rouyn-Noranda et ont reçu un accueil très favorables des publics locaux.

Idem Altera

Équipe Agora de la danse, Tangente, Peter Trosztmer, Zach Zettel

Cette équipe a voulu explorer comment amener un plus jeune public vers la danse contemporaine par un projet de réalité augmentée en deux temps.

D’abord, ils ont créé une installation dans le lobby du Wilder supportant un nombre d’usagers illimités, avec un marquage extérieur incitant les passants à entrer dans l’édifice et à télécharger une application à l’aide d’un code QR qui les plongeaient dans un paysage immersif et interactif. Cette installation n’était pas directement reliée à la danse, mais amenait les passants à découvrir un nouveau lieu de diffusion spécialisé dans le paysage du Quartier des spectacles et pouvait potentiellement être utilisée comme support médiatique pour informer les usagers des représentations à venir, quoique cette fonctionnalité n’ait pas encore été développée.

Dans un deuxième temps, il y a eu une série de représentations à la salle Paul-André Fortier d’une expérience de réalité augmentée apposée à une performance en directe où le public créait l’œuvre numérique ensemble avec l’interprète. Ce deuxième volet a aussi été présenté avec grand succès au festival Dance à Munich à l’été 2019.

Le public de la danse in situ au cœur d’une stratégie de développement numérique

Équipe Fleuve Espace Danse, Made in BC, La danse sur les routes du Québec

Ayant constaté le manque de données en lien avec les publics de la danse in situ, cette équipe a choisi de créer une borne mobile, pouvant être placée et déplacée dans l’espace public en amont d’une représentation in situ, dans ce cas-ci de la pièce “Souffle de l’aube” de la compagnie Fleuve Espace Danse.

La borne se voulait dotée d’instructions pour télécharger une application qui serait ensuite utilisée afin de révéler des scénettes en réalité augmentée reliées à la thématique de l’oeuvre et superposées à de gravures à même la borne. Elle visait aussi à informer le passant de la performance in situ à venir et à recueillir des données démographiques par rapport aux publics des oeuvres in situ.

Suite à de nombreux prototypes et tests sur les lieux de représentations, la borne s’est graduellement transformée en carte postale (plus facile à distribuer aux passants), où on trouvait un code QR et une image pour visualiser une expérience de réalité augmentée faisant la promotion de l’œuvre à venir. Toutefois, la cueillette de données en lien avec les publics présents n’a pas pu être aboutie.

Volet de recherche

Le deuxième volet du LabDSR visait à approfondir les connaissances du secteurs par des activités de recherche :

La mutualisation des données

Les diffuseurs participant au projet de prototypage devaient aussi s’engager à participer à un projet pilote de mutualisation des données de billetterie mené par l’organisme Synapse C, l’objectif étant de dégager des tendances au niveau du comportement des spectateurs de la danse afin d’appuyer les diffuseurs dans leurs efforts de développement des publics.

Quelques diffuseurs ne faisant pas partie du LabDSR, dont la Maison des arts de Laval, ont aussi montré leur intérêt à faire partie de cette première cohorte. Suite à quelques rencontres préparatoires entre les diffuseurs et les analystes de Synapse C afin de définir les grandes questions qui seraient explorées dans cette étude, des fuites massives de données largement médiatisées au Québec ont mené à des questionnements persistants du côté de certains diffuseurs autour de la sécurité des données et du droit à la vie privée. 

Des spécialistes juridiques ont été consultés pour tenter de trouver des dispositions
légales qui répondraient aux besoins de toutes les organisations, mais suite au retrait définitif de quelques diffuseurs, et faute d’une quantité de données adéquate à analyser, le LabDSR a décidé de remettre ce projet sur la glace jusqu’à ce que les conditions soient plus favorables.

L’efficience et l’utilité de la mutualisation des données de billetterie est aussi remise en question. Des travaux plus approfondis doivent être fait pour démontrer la pertinence de cette démarche.

Un mémoire de recherche

La DSR a fait appel au professeur Danilo Dantas, professeur associé de Marketing aux HEC de Montréal, et à sa candidate à la maîtrise en management des entreprises culturelles, Charlotte Mercille, afin de réaliser un projet de recherche sur l’utilisation du
numérique dans le développement des publics de la danse.

La thèse qui en a résulté, intitulée « Corps binaires », recense et commente différentes initiatives qui existent à l’échelle locale et internationale, et sera publiée dès octobre 2020 sur le nouveau site Web de La DSR.

Une journée d’échange à l’INRS

La DSR a été invitée par l’INRS en novembre 2019 à partager ses expériences liées au LabDSR lors d’une journée intitulée « La mise en données des publics de la culture » visant à explorer les nouvelles possibilités et les enjeux de la mise en données des publics de la culture à l’heure de la collecte massive de données et les différentes facettes de la « datafication » du public dans les secteurs du spectacle vivant, des musées et des bibliothèques.

Une formation pour tous

Enfin, dans un esprit de partage des connaissances devant les enjeux soulevés dans le milieu par la pandémie de la COVID, le LabDSR a offert en mai 2020 une formation préparée par Rosalie Chartier-Lacombe, Directrice générale du Petit Théâtre du Vieux
Noranda, et Valentin Foch, Chargé de projets spécialisé dans l’intégration des nouvelles technologies dans les arts vivants, intitulée « La création et la diffusion en téléprésence: une réflexion au-delà du confinement ».

Travaillant depuis plusieurs années sur l’utilisation de la téléprésence et des technologies dans les arts de la scène, ils ont pu apporter des pistes de réflexion aux questions qui étaient alors sur toutes les lèvres : comment continuer de créer malgré les mesures de distanciation physique ? Quelles alternatives peuvent s’offrir à nous alors que les lieux de création et de diffusion restent fermés jusqu’à nouvel ordre ? Est- il possible de danser ensemble mais séparés ? De recréer un spectacle sans pour autant partager le même espace ?

Plus de 70 professionnels de la danse ont assisté à cet évènement en ligne fort apprécié.

Prix et distinctions

Sélectionné dans Je fais Mtl (2018)

Finaliste à RIDEAU – Prix Partenariat (2020)

Partenaires

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