À l’occasion de la Journée internationale de la danse – ce mercredi 29 avril 2026 –, La danse sur les routes du Québec (La DSR) inaugure sa première « Correspondance Chorégraphique ». En utilisant le message vocal comme véhicule, La DSR crée un pont entre deux réalités, deux œuvres et deux territoires.
L’urgence d’agir : Burn Baby, Burn à Baie-Comeau
Le dialogue s’ouvre à Baie-Comeau. Sylvie Pouliot – Directrice générale et artistique du Centre des arts de Baie-Comeau – y évoque le projet intergénérationnel lié à l’œuvre de Guillaume Côté, Burn Baby, Burn. Cette pièce, puissante métaphore des changements climatiques, interroge notre point de bascule.
« On est partis d’une image forte, celle d’une planète qui brûle, et de cette flamme qui malgré tout nous allume pour continuer ! » confie Sylvie Pouliot.
En réunissant les jeunes de l’Académie de danse et les résident.e.s de la Maison des Aînés, le projet transforme l’urgence climatique en une « vibration commune » où la mémoire des uns soutient l’intensité des autres.
Elle lance alors une bouteille à la mer : « Emmanuel : est-ce que cette flamme-là tu la reconnais ailleurs ? »

La résonance du geste : VEGA au Portugal
À des milliers de kilomètres de là, Emmanuel Jouthe – Directeur artistique et chorégraphe de Danse Carpe Diem – reçoit ce message et y répond alors qu’il est en mission de transmission au Portugal. Il y adapte son œuvre VEGA, une constellation en mouvement qui explore l’espace entre présence et absence par une marche lente et continue.
Pour lui, la flamme de Sylvie trouve un écho dans la rigueur de sa transmission : « [Je suis] chanceux de pouvoir dédier mon temps […] à transmettre mes certitudes, mes doutes, mes visions de la vie […] sur des jeunes artistes qui ont besoin de prendre le témoin et de nourrir ce feu créatif pour se rappeler, comprendre, transformer le monde dans lequel on est. »
Dans l’univers orbital de VEGA, la répétition devient une forme d’écoute, une réponse silencieuse mais profonde à l’urgence de brûler.

Une correspondance appelée à voyager
Ce premier échange marque le début d’une nouvelle tradition pour La DSR. L’objectif est de faire de cette Correspondance Chorégraphique un rendez-vous régulier, un espace où la parole des travailleur.euse.s culturel.le.s et des artistes peut circuler librement.
Appel aux participant.e.s : La DSR invite désormais toute personne du milieu (diffuseur, artiste, agent.e) souhaitant « jouer le jeu » de la correspondance à se manifester que ce soit pour discuter d’une œuvre, d’une vision ou d’un défi. Un point d’orgue sera proposé chaque année le 29 avril pour célébrer ces liens tissés dans l’ombre.
Écoutez l’intégralité de la correspondance entre Sylvie Pouliot et Emmanuel Jouthe ici :
Découvrez la transcription des audios ci-dessous :
Sylvie Pouliot : « Avec Burn Baby Burn et le cadre du vivant, on est parti d’une image forte, celle d’une planète qui brûle, et de cette flamme qui malgré tout nous allume pour continuer ! On a réuni des générations autour de cette question-là, pas pour trouver des réponses mais pour habiter ensemble cette tension. Ce qui m’a bouleversé, c’est de voir comment ça circule : les plus jeunes arrivent avec une urgence, une intensité. Les plus expérimenté.e.s portent une mémoire, une lucidité peut-être plus douce et entre les deux, il y a une écoute, une vibration commune. On est plus dans une transmission verticale. C’est une rencontre : quelque chose de fragile mais de profondément vivant. Et au fond ,cette flamme, même dans ce qui brûle, devient un moteur pour continuer, créer, relier. Emmanuel : est-ce que cette flamme-là tu la reconnais ailleurs ? Ou elle se transforme au contact des cultures que tu rencontres ? »
Emmanuel Jouthe : « Bonjour Sylvie, enchanté de faire ta connaissance par l’entremise de cette correspondance audio. Et merci pour ta question, à la fois simple et vaste. Alors depuis le Portugal, dans cette période des journées de la danse, la flamme se porte bien. En ce qui a attrait à la mienne, je me considère privilégié, chanceux de pouvoir dédier mon temps toute une journée complète, toute la semaine durant, à transmettre mes certitudes, mes doutes, mes visions de la vie, de la danse auprès de jeunes artistes qui ont de 18 à 33 ans, qui eux.elles ont aussi besoin de prendre le témoin et de nourrir ce feu créatif pour se rappeler, comprendre, transformer le monde dans lequel on est. Alors belle continuité à toi depuis où est-ce que tu es et en espérant te croiser. »
Montage photo :
À gauche photographe de Burn Baby, Burn © Sasha Onyshchenko
À droite, photographie de VEGA © Emily Gan





