État des lieux, pistes et solutions pour l’avenir avec le Conseil des arts du Canada pour la diffusion internationale de la danse

COMPTE-RENDU
Visioconférence avec le Conseil des arts du Canada (CAC), le 2 décembre 2020

La réunion virtuelle du 2 décembre a débuté avec la reconnaissance du territoire autochtone, une mention essentielle pour La DSR qui ancre ses pratiques dans la décolonisation de la danse.

Pierre-David Rodrigue, Directeur général de La DSR introduit ensuite les invités du CAC : Maude Laflamme (Gestionnaire du programme “Rayonner au Canada et à l’international”), Alain Monast (Agent aux composantes “Tournées canadiennes et internationales”), Nancy Guertin (Agente aux programmes “Rayonner au Canada” et “Rayonner à l’international”), et Denis Lepsi (Agent au programme “Soutenir la pratique artistique” et à la composante “Innovation et développement du secteur”). Tous sont ravis d’être présents parmi les NOMBRE DE participants, une opportunité de rencontrer le milieu, de dresser un état des lieux et de trouver des pistes de solutions dans l’optique d’aider au mieux le milieu.

 
Présentation de l’état des lieux par Maude Laflamme :

Madame Laflamme fait un retour sur l’état des lieux au CAC. Le CAC est toujours en phase d’urgence, très conscient des difficultés auxquelles font face les milieux artistiques : nous ne sommes pas encore dans la relance, mais dans l’urgence. Le CAC est sensible et conscient des impacts de la pandémie sur le secteur de la danse. Les agents restent à l’écoute et au contact des artistes et des compagnies. Durant les 6 derniers mois, plusieurs mesures ont été prises pour maintenir l’emploi et stabiliser le secteur, notamment à travers des avances des subventions de base, des fonds d’urgence, des initiatives telles que Connexion Création ou le Fonds stratégique numérique. Notons notamment que, pour le programme “Rayonner au Canada, Rayonner à l’international et Soutenir la pratique artistique”, la consigne a été de faire preuve d’ouverture pour garder le maintien des activités. De nombreuses considérations sont en cours avec un grand chantier de réflexion.

En bref, les informations importantes partagées par les représentants du CAC :

  • La plupart des composantes ont été suspendues ou reportées d’avril à juillet.
  • Les déplacements internationaux restent suspendus jusqu’à nouvel ordre.
  • Les déplacements au Canada peuvent être subventionnés s’ils respectent les réglementations.
  • Les jurys de pairs sont toujours de mise.
  • Le CAC encourage différentes manières de présenter les œuvres au public, notamment via le numérique ou en adaptant les spectacles.
  • Malgré le gel des déplacements internationaux, le CAC accepte toutes les demandes, et chacune est évaluée.
  • Le CAC fournira du financement pour continuer de créer et d’assurer une programmation numérique pour les diffuseurs en automne. Plus d’informations à venir.

 

De nombreuses questions soumises par les participant.e.s à la rencontre :

Les participants à la rencontre ont profité de cette opportunité pour poser leurs questions. Parmi celles-ci, nous pouvons noter :

  • Pour une compagnie de danse professionnelle, tourner à l’international est essentiel, mais pour les institutions, ce n’est pas le cas. Cependant, il est possible de voyager pour motif professionnel pour d’autres industries à qui l’on donne le statut de voyage « essentiel ». Pourquoi les compagnies de danse qui dépendent de l’international ne sont pas considérées essentielles ? Pourquoi l’art et la culture ne sont pas considérés comme essentiels ?
  • Les demandes pour le rayonnement international sont encore acceptées, et de nouvelles questions ont été ajoutées. Notamment, en cas de report, le numéro de dossier des demandes passées et refusées, mais aussi à quoi ont servi les fonds alloués. Il semble que le CAC ait fait preuve d’une certaine souplesse pour accepter les dépenses engendrées par la Covid-19 qui n’étaient pas forcément prévues. Comment sont traités ces éléments ? Pourquoi ces questions ? Font-elles partie de l’évaluation ? La compétition étant tellement rude dans ces programmes en dehors de la situation de la Covid, il est d’autant plus important d’en comprendre les paramètres en ce moment.
  • En ce qui concerne le numérique, comment est-il possible de monétiser la diffusion numérique et de soutenir les artistes financièrement ?
  • Admettons qu’une compagnie s’engage pour une tournée à l’étranger et qu’une nouvelle vague frappe, le cargo est parti, et tout est interrompu. Si la compagnie doit interrompre sa tournée et que des frais sont engagés, est-ce qu’elle sera indemnisée pour ces dépenses déjà effectuées ?
  • Qui détermine qu’il est possible de voyager dans un pays ou un autre ? Si la législation d’un pays autorise à accueillir des compagnies, est-ce que le CAC peut financer la tournée dans un pays même s’il n’est pas recommandé de voyager ?
  • Actuellement, les compagnies sont responsables de la couverture des frais de quarantaine, car les diffuseurs n’ont plus les moyens de verser les cachets pour indemniser les semaines de quarantaines. Les artistes étrangers sont de vraies ressources pour les compagnies. Ce sont donc des frais importants pour les compagnies. Les tests Covid et les quarantaines au retour vont-ils être considérés comme des frais admissibles ?
  • Une grande question relève de l’équité entre les disciplines et au sein de la discipline : les compagnies soutenues au fonctionnement sont-elles plus évaluées ? Comment le conseil compte-t-il maintenir nos locomotives et grands tourneurs qui ouvrent le marché pour les autres, tout en maintenant l’équilibre avec les plus petits joueurs ? En effet, cette crainte de creuser les écarts est partagée par de nombreux acteurs du milieu.

 

Des pistes de solutions présentées par les participant.e.s à la rencontre:

Cette grande rencontre fut également l’occasion de réfléchir ensemble et de proposer des pistes de solutions possibles. Le grand consensus : la souplesse doit être le maître mot.

Par exemple, la possibilité de doubler certaines distributions pour éviter aux artistes de voyager mais de continuer le développement des chorégraphes, de consolider les relations avec les artistes et les diffuseurs étrangers et le rayonnement canadien, tant que les frontières sont fermées. Il pourrait être intéressant que ces projets soient soutenus par le CAC, car en effet même à distance, cela dédouble le travail de création et de répétition.

Il est très important que les arts soient considérés comme essentiels ou du moins qu’ils aient la permission d’effectuer leurs activités, une priorité pour que la relance puisse avoir lieu en temps voulu. Le risque, actuellement, est la perte de force vive, notamment des danseurs et techniciens de la scène. Le milieu de la danse a cette particularité de beaucoup tourner à l’international, et est un fier représentant du Canada à l’étranger. Les compagnies reçoivent toujours des invitations de certains pays où les théâtres ont ou vont rouvrir. Par exemple, en France, le gouvernement a pris une directive qui donne un statut particulier aux artistes français et étrangers qui leur permet de circuler librement sur le territoire et d’effectuer leurs activités. Bien entendu, avec des conditions. Le gouvernement français pourrait ainsi permettre à des artistes de circuler sur son territoire (jusqu’à nouvel ordre), mais le gouvernement canadien ne soutient pas la tournée internationale ni ne la recommande. Il pourrait être intéressant d’avoir une réflexion sur la nécessité et le caractère essentiel de l’art si l’on veut favoriser une relance et travailler au développement international, ce qui passe par honorer les invitations que les artistes reçoivent. Car, en effet, il va falloir prendre particulièrement soin de nos relations avec les diffuseurs internationaux pour ne pas briser les liens.

Il pourrait être pertinent de revoir les critères par rapport à la composante déplacement. En effet, les déplacements des années à venir risquent d’être beaucoup plus décousus. Actuellement, il est possible de déposer seulement une seule demande par an à cette composante. Cette limite pourrait être augmentée, ainsi que les sommes allouées, afin de pouvoir tout de même continuer de faire vivre les arts, car, en effet, les compagnies feront sûrement plus appel au programme “déplacement” qu’au programme de tournées.

Il pourrait également s’agir de bonifier le programme de Résidences internationales, étant donné que les représentations sont encore compliquées à mettre en place, et d’en mettre un en place au Canada, pour que les artistes puissent tout de même continuer de créer, ici et ailleurs, et ainsi maintenir les relations avec les diffuseurs du pays et au-delà des frontières. Il risque d’y avoir un certain engorgement des théâtres dans les années à venir, ce qui rendra plus difficile de placer les spectacles. Les résidences peuvent donc représenter une piste de solution.

Par ailleurs, de nombreuses salles de diffusion au Québec ne sont pas équipées pour accueillir des prises d’images. Ils n’ont pas les moyens de prendre la responsabilité de la location ou de l’achat de l’équipement nécessaire, et les frais reviennent donc aux compagnies qui elles-mêmes vivent une période financière très tendue. Pourtant, cela pourrait être une véritable piste de solution pour continuer d’exister au Canada et à l’international en favorisant le live stream par exemple.

Parmi les propositions, on retrouve également le soutien à l’autodiffusion des compagnies, à la façon du programme du CAM “Quand l’art prend l’air” qui a permis, au cours de l’été, aux compagnies de s’auto diffuser sur le territoire montréalais. Il pourrait être intéressant d’étendre cette idée à tout le territoire canadien.

Le milieu de la danse fait face à un grand défi, celui de conserver les danseurs : environ 50% des interprètes s’apprêtent à décrocher et à changer de voie. On va perdre une bonne partie des artistes. Il faut trouver des solutions pour les artistes locaux, pour garder ces ressources vives essentielles à notre survie. Certaines mesures ont été prises, mais il faut en faire plus pour protéger notre bassin d’artistes. Et comme une grande partie des revenus des compagnies reposent sur les revenus de la tournée internationale, le milieu a besoin d’aide.

Dans le cadre du programme “Rayonner au Canada”, l’enveloppe par projet pourrait être augmentée de manière significative. Il faudrait adapter les montants pour soutenir par exemple les initiatives locales et soutenir la communauté.

 

Éléments de réponses présentés par les représentant.e.s du CAC

Notons avant tout qu’à la création de certains programmes et mesures d’urgence, nous n’avions aucune idée de là où nous en serions aujourd’hui. Nous ne savons pas quand la vie « normale » pourra reprendre. Le désir de souplesse est réel, c’est la seule manière d’y arriver, mais, comme tout le monde, les décisions sont prises au jour le jour. Avoir un plan B est toujours une bonne option.

C’est le gouvernement qui détermine les pays autorisés et le caractère « essentiel » des activités, et le CAC se rattache à ces recommandations et réglementations : tant et aussi longtemps que le gouvernement détermine que les déplacements ne sont pas essentiels, le CAC suivra ces recommandations.

Notons que toutes les demandes reçues sont étudiées. Il n’y a pas d’enveloppes dédiées aux disciplines ou à l’envergure des compagnies : toutes sont jugées par des jurys de pairs, virtuellement, sans discrimination aucune, et sont étudiées cas par cas. Les critères restent les mêmes qu’avant la crise. Les jurys sont toujours multidisciplinaires, et la danse tire son épingle du jeu de manière très satisfaisante. Le critère artistique est en lien avec le public visé : est-ce que la démarche tient avec le public visé ? Il s’agit d’une démarche d’impact plus que de critère artistique absolu.

Après 3 ans, le fonds alloué se périme en cas de report, mais il faut communiquer avec les agents pour trouver des solutions. Par ailleurs, pour une subvention de déplacement, notez que les 3 villes ne sont pas une règle, mais une préférence.

En ce qui concerne les frais liés aux quarantaines et aux tests, non, ces frais ne seront pas admissibles et restent aux frais de la compagnie.

Il est important de bien étudier les différentes possibilités qu’offrent les programmes existants. Par exemple, le programme “Innovation et développement du secteur” vise à soutenir la croissance et l’amélioration du secteur ; il est donc adaptable à beaucoup de différentes activités, notamment dans le numérique ou encore la promotion des artistes et la mutualisation des services. L’objectif du CAC demeure de soutenir le secteur et la relance du secteur des arts.

 

Pour poursuivre vos recherches ou prendre contact avec les agents :

Appuyer la pratique artistique: https://conseildesarts.ca/financement/subventions/appuyer-la-pratique-artistique

Innovation et développement du secteur: https://conseildesarts.ca/financement/subventions/appuyer-la-pratique-artistique/innovation-et-developpement-du-secteur

 

En attendant, si vous avez des questions, des incertitudes, appelez, entrez en contact avec les agents. Ils seront ravis de discuter des solutions possibles.

 

 

 

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