Dépêche

Lundi 17 décembre 2018
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Svāhā par Nova Dance
Nova Bhattacharya
Photo: Dahlia Katz

Bonjour,

Je m’appelle Nova Bhattacharya. Mes parents sont arrivés au Canada du Bengale-Occidental, en Inde, à la fin des années 60 et se sont d’abord établis sur le territoire mi’kma’ki dans l’est du Canada. Quand je suis née, ils m’ont nommée «Nova» pour honorer la Nouvelle-Écosse et leurs rêves d’une nouvelle vie.

Le fait d’avoir grandi dans une culture immigrante a eu une incidence énorme sur ma vision de la vie et sur ma pratique artistique. J’ai été constamment témoin de la curiosité des gens à l’égard des différences et de la célébration des points communs. En danse, j’ai toujours été fascinée par les différences, les physiques différents maîtrisant le même mouvement, et les diverses personnalités exprimant les mêmes émotions. Cela m’a conduit à de nombreuses collaborations avec des artistes dont la formation et les techniques étaient très distinctes de mes antécédents au bharatnatyam.

J’ai étudié le bharatnatyam (une danse classique indienne du Tamil Nadu) dans un sous-sol à Scarborough. Le bharatnatyam est une forme d’art multidisciplinaire qui comprend le mouvement, le théâtre, la musique, la narration et la transmission. Elle crée une relation circulaire avec le public, suscitant l’empathie du spectateur et le transportant dans un lieu d’émerveillement à travers un voyage commun de l’imagination. La toute première chose qu’un danseur de bharatnatyam apprend est un namaskaram; un rituel où le danseur se connecte à la terre mère, fait preuve d’humilité par rapport à sa place dans l’univers, rend hommage aux ancêtres et accueille le spectateur. Ce rituel et tous ses principes de connectivité les uns avec les autres et avec le monde dans lequel nous vivons sont au cœur de mon travail.

Mes œuvres s’appuient sur le bharatnatyam et le mettent à l’épreuve.

Elles célèbrent ma culture et la remettent en question avec un regard critique. Des solos aux duos, en passant par les créations de grands ensembles, je commence toujours par la recherche sur le mouvement, puis je fais des choix basés sur des métaphores que je vois émerger. Je suis profondément investie dans l’individualité des interprètes. Une fois le cadre chorégraphique en place, les interprètes ont pour défi d’incarner le vocabulaire de leurs propres forces, tout en étant encouragés à prendre des risques et à être vulnérables. Il y a ici des milliers de danseurs qui étudient les styles de danse classique indienne, et j’ai travaillé pour que ces artistes soient célébrés et acceptés comme faisant partie intégrante de notre identité culturelle au Canada.

Je suis une personne qui bâtit des ponts et qui croit passionnément que nous pouvons rendre le monde meilleur grâce à l’art, la compassion et la communauté. Je suis une rebelle, refusant de suivre, insistant pour mener — même si je ne sais pas toujours où je vais! J’espère que notre communauté d’artistes et de facilitateurs artistiques sur cette terre se dirige vers un lieu d’ouverture et de compréhension. Les gens n’arrêtent pas de me dire que c’est le moment des conversations difficiles et je réponds: «Nous sommes des danseurs. Nous pouvons faire des choses difficiles avec grâce et agilité.»

En tant qu’artistes, je crois que notre rôle est de préserver nos histoires, de refléter le présent et de rêver l’avenir. Je suis très heureuse de faire partie de ce programme visionnaire qui crée un espace où nous pouvons nous réunir et apprendre à nous connaître.

Nova Bhattacharya fait partie de la cohorte 2018-2019 du projet Ontario-Québec.