Dépêche

Lundi 1 avril 2019
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«La cinédanse d’hier à aujourd’hui: plus de 120 ans d’expérimentation».

Dans le cadre de ce cahier, la cinédanse est abordée comme un ensemble de pratiques où la danse rencontre le cinéma, où la chorégraphie rencontre les écrans et où les corps rencontrent les caméras. Ainsi, nous nous intéressons aux œuvres cinématographiques dans lesquelles la danse s’invite, tout comme aux performances en direct dans lesquelles les corps en mouvement interagissent avec l’image projetée.

Face à ce type de création, il s’agit notamment de se demander de quelle manière les pratiques chorégraphiques mettent à l’épreuve le cinéma et ses dérivés; il s’agit aussi de s’interroger sur la manière dont les technologies de l’image ont transformé et alimentent toujours le travail de la danse et du corps. Bref, ces rencontres productives entre les pratiques chorégraphiques et celles de l’image en mouvement ont beaucoup à nous apprendre et présentent un grand potentiel de surprise!

Si ces enjeux s’imposent de plus en plus à l’ère du numérique, ils ont fasciné les artistes et scientifiques dès la fin du XIXe siècle. Ce tournant artistique s’illustre bien avec les expérimentations de la célèbre réformeuse Loïe Fuller et son utilisation des premières lumières incandescentes. Au fil des décennies, la cinédanse s’est déplacée et redéfinie à travers des influences diverses: le cinéma muet des premiers temps, la comédie musicale, les avant-gardes expérimentales, les fictions narratives et les films populaires intégrant la danse, les productions chorégraphiques télévisuelles, l’émergence de festivals internationaux spécialisés, le développement d’Internet et, plus récemment, la démocratisation des nouvelles technologies numériques au service de la danse. Autant de points de repère historiques pour penser cette évolution entre danse et cinéma et mieux saisir sa nature au temps présent.

La question ici n’est toutefois pas simplement de savoir depuis quand et de quelle manière les artistes ont fait se croiser danse et cinéma dans leurs pratiques créatives, mais aussi d’apprivoiser les logiques dans lesquelles ces pratiques s’inscrivent à l’heure actuelle afin de mieux se positionner par rapport à ces langages et de permettre leur émergence dans les milieux de la diffusion au Québec.

Des approches commerciales à celles plus expérimentales, des petits budgets de production aux impressionnantes subventions «numériques», ce cahier propose une incursion dans cette niche qu’est la cinédanse, une bannière en constante mutation et en perpétuel déplacement qui oblige à réfléchir l’art hors des cadres.»

Extrait du Cahier des routes cinédanse, par Priscilla Guy, formatrice, commissaire, artiste, chercheuse et pédagogue

Priscilla Guy est chorégraphe, cinéaste, commissaire et chercheuse en arts, basée au Québec. Elle s’intéresse tout particulièrement à la rencontre entre danse et cinéma et ses déclinaisons. Fondatrice de Regards Hybrides, un projet dédié à l’articulation et au rayonnement des œuvres de cinédanse, elle collabore avec différentes structures internationales pour valoriser ces pratiques et discours. Elle poursuit actuellement des études doctorales à l’Université de Lille en France, avec un projet de recherche axé sur l’autoreprésentation des femmes en cinédanse.

Cahier des routes cinédanse

Produit par La danse sur les routes du Québec, le Cahier des routes constitue une introduction générale à la cinédanse. Son contenu pédagogique a été produit et rédigé par Priscilla Guy, à la suite d’une formation pour les diffuseurs et agents de développement en danse intitulée «La cinédanse comme art et outil de développement de publics», imaginée en étroite collaboration avec La DSR. La réalisation de cet outil pédagogique est rendue possible grâce au soutien financier du Fonds de développement et de reconnaissance des compétences de la main-d’oeuvre.