Dépêche

Lundi 29 avril 2019
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(Photo: Julie Artacho)

Ivanie Aubin-Malo fait partie de la cohorte 2018-19 du projet Ontario-Québec. Inspiré par le succès de Jouer dehors, ce programme, qui vise le développement de compétences en diffusion de la danse auprès d’artistes qui s’auto-identifient comme appartenant à une nation Autochtone ou à une communauté racisée, est une initiative de CanDance Presenting Network, La danse sur les routes du Québec et Ontario Presents.

«Je m’appelle Ivanie Aubin-Malo. Je suis Québécoise, Wolastoqey et danseuse.

La danse fait partie de moi comme le sont mes origines, c’est mon lien à la nature, autant intérieure qu’extérieure. La danse m’a guidé vers l’affirmation de mes racines autochtones et avec elle je vais à la rencontre du Monde.

En rencontrant James Jones, un danseur powwow qui a déjà performé internationalement avec A Tribe Called Red, je n’ai pas pu faire autrement que de suivre ses conseils et d’aller à Vancouver pour apprendre la danse Fancy Shawl, danse powwow. C’est son ami Curtis Joe Miller qui m’a appelé à mon arrivée dans l’Ouest canadien et qui m’a proposé de me l’enseigner. Le lendemain, Curtis et moi étions en route ensemble vers notre premier entrainement et je l’ai suivi pendant quatre mois. J’ai compris la richesse d’avoir un mentor dans ma vie.

En tant que créatrice, je souhaite mettre l’accent sur l’importance de la nature, de la force de la vie et des couches de soi qui sont parfois invisibles, mais qui refont surface lorsque je danse. La notion de prendre soin de ce qui m’entoure et de ce qui est en moi est importante. Pour moi, c’est l’essence même de la créativité. Je souhaite partager de douces sensations à mes relations pour établir ou réétablir un lien de confiance et d’ouverture.

En Powwow, il m’a été raconté que les danseurs matérialisent les battements du tambour et ses vibrations dans l’air. Pour moi, la danse est une manière de mettre en action mes visions, de m’engager dans une direction, et donc de la matérialiser. Mes visions sont donc les battements de coeur qui guident ma vie. Si je ne tente pas de les incarner, je perds mon inspiration et je n’ai plus l’impression de grandir.

Si j’insère une idée ou un élément dans ma pièce chorégraphique, c’est pour que les gens les voient, qu’ils se questionnent sur cette idée, qu’ils songent à cet élément. Je ne connais pas tout sur les idées qui construisent mes chorégraphies, mais elles me semblent primordiales et j’aime lorsque quelqu’un m’apporte un nouvel élément de recherche ou une nouvelle perspective qui m’inspirent à en connaître davantage et à poursuivre mes réflexions.

Les rencontres marquantes dans ma vie se sont révélées dans la danse. Je souhaite que MULA puisse créer de nouvelles rencontres, que MULA soit une pièce qui puisse m’introduire aux gens. Pour moi, le dit «résultat» ou le «spectacle» n’est qu’une ponctuation d’un long cheminement personnel. J’espère que cette ponctuation inspire le public à engager des actions concrètes en lien avec leurs visions.»