Dépêche

Jeudi 12 mars 2020
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Ariana Pirela Sánchez est interprète, chorégraphe et réalisatrice et vit au Canada depuis maintenant 10 ans.

Ariana fait partie de la cohorte 2019-20 du Programme d’accompagnement Ontario-Québec, une initiative de CanDance Presenting Network, La danse sur les routes du Québec et Ontario Presents.

Mon nom est Ariana Pirela Sánchez. Je suis née et j´ai grandi au Venezuela et j’habite au Canada depuis 10 ans et à Montréal depuis 3 ans. Je suis interprète en danse contemporaine, chorégraphe et réalisatrice multidisciplinaire.

J’ai grandi dans une famille d’immigrants espagnoles et mon héritage maternel est lié à la migration depuis plusieurs générations. La danse est entrée dans ma vie dès mon plus jeune âge et fait partie intégrante de ma culture.

La danse m’a conduit à encourager la libre expression et l’interprétation non seulement des mouvements du corps mais de leur composition historique.

Pour moi, il y a une relation étroite entre la danse et la formation intégrale de ma personne.


«Manos de Mujer» — Crédit Photo: David Wong

Je suis une artiste engagée et je partage dans mes œuvres ma vision politique et sociale du monde en lien à mon vécu et mon histoire afin de sensibiliser le public aux problématiques auxquelles nous sommes confrontés.

En tant qu’artiste nous avons la responsabilité de diffuser à travers notre art, notre vision du monde et de la société. Je développe donc des œuvres multidisciplinaires avec la danse, la musique, la vidéo et le théâtre dans lesquels je me questionne sur les émotions et comment ces émotions s’expriment dans le corps et développent ainsi un langage physique. Je me questionne également sur les différentes inégalités politiques et économiques qui existent dans le monde et plus particulièrement celles entre femmes et hommes.

La création, la danse et la vidéo sont mon langage. Je travaille comme chorégraphe indépendante et mon travail a beaucoup évolué et grandi ces 4 dernières années.

Produisant moi-même les vidéos de mes projets, j’ai changé ma manière de concevoir et de penser les chorégraphies. Je m’intéresse désormais, au rapport de la chorégraphie entre le public et les danseurs et entre le public et le spectacle en tant que tel.

En tant qu’immigrant latino-américaine et venant d’une famille d’immigrants je suis également interpellée par la construction de l’identité, par mon identité ancestrale et mes origines culturelles. Je suis un mélange de trois cultures: vénézuélienne, espagnole et canadienne et la danse est devenue pour moi un moyen de connaissance spirituel et matériel de mon histoire, de mon identité et de ma culture.

Je souhaite offrir à l’audience des pièces qui les touchent et les fassent réfléchir en leur offrant des univers chorégraphiques sensibles et humains. Je souhaite féminiser le regard. Et cela signifie que mon intérêt est de préparer le spectateur à ressentir les œuvres plutôt que de les comprendre en offrant ma vulnérabilité et partager une expérience collective.


«I’m not her» — Crédit Photo: Francesca Chudnoff

Je pense que tout art qui transcende est un art qui découle du besoin sincère et passionné du créateur de raconter au monde son monde; à partir d’une vision subjective et donc unique. Dans mon travail, ma vision des sujets traités est enrichie par mon histoire personnelle ainsi que par les réalités qui m’entourent. Mes œuvres sont inspirées avant tout d’une quête intérieure sur mes questionnements personnels en lien avec la condition de la femme, l’immigration, mon sens de l’identité, les diverses identités culturelles, et individualité à l’intérieur de la diversité culturelle qui nous entoure.

Pour moi, la diversité culturelle, dans le contexte d’une ère mondiale, devrait devenir un sujet de grand intérêt pour les sociétés, les gouvernements et les autres institutions, car elle doit être reconnue dans sa richesse, non seulement comme source d’identité — collective et individuelle — mais également comme un outil historique.

Les processus liés à la poursuite de connaissances traditionnelles constituent l’un des aspects les plus intéressants de notre patrimoine vivant.

Ainsi, nous devons contribuer à partir de notre pratique et de notre métier à générer une continuité et un échange d’expériences, de ressources et de stratégies qui enrichissent la formation et la façon de s’impliquer dans la diffusion du patrimoine pour qu’elle devienne plus participative et inclusive.