Un projet de danse-thérapie au Centre des arts Juliette-Lassonde qui ouvre la voie à l’inclusion
Au Centre des arts Juliette-Lassonde de Saint-Hyacinthe, l’importance de la danse s’est récemment décuplée. Grâce à un projet de danse-thérapie, destiné à huit adolescent.e.s aux besoins particuliers, l’institution a démontré avec sensibilité comment les arts vivants peuvent devenir de puissants vecteurs de bien-être, d’expression et d’inclusion.
Avancer sous l’impulsion des jeunes
Né d’un appel de projets du ministère de la Culture et des Communications, ce projet ne s’inscrivait pas dans la programmation régulière de diffusion, il s’agissait plutôt d’une initiative sur mesure, pensée pour répondre à un besoin précis : offrir à des jeunes la possibilité de créer activement, de bouger, de s’exprimer et de se réaliser à travers une démarche artistique.
Le Centre des arts a choisi de s’associer à l’école René-Saint-Pierre, spécialisée dans l’accompagnement de jeunes présentant une trisomie 21, une déficience intellectuelle, une paralysie cérébrale ou un trouble du spectre de l’autisme, entre autres. Les élèves de l’école René-Saint-Pierre, déjà familiers avec les spectacles de danse présentés au centre, manifestaient depuis longtemps un intérêt sincère pour le mouvement et la scène.
Ce sont huit ateliers hebdomadaires qui ont ainsi été mis en place, animés par la danse-thérapeute Carole Jones, et accompagnés du musicien Gotta Lago, qui improvisait en direct à la percussion. Ensemble, ils ont proposé un espace de liberté, où chaque geste comptait, où chaque proposition devenait matière à création. Ici, donc, aucune chorégraphie imposée ! Les mouvements naissaient des jeunes eux.elles-mêmes. Par imitation, par exploration, par jeu. Progressivement, une histoire s’est construite autour de magiciens partis à la recherche d’un lapin disparu dans une forêt enchantée. Chaque tableau prenant forme à partir de leurs idées, de leurs capacités, de leur imaginaire.
Les effets de ce travail sont tangibles. Des élèves sont devenus plus confiants, les corps se sont ouverts à ce travail, des regards se sont illuminés. L’équipe a particulièrement été touchée par un adolescent, d’abord replié sur lui-même, qui a fini par lever les bras, fier de participer. Puis, c’est une jeune fille en fauteuil roulant qui est devenue, à son tour, source d’inspiration artistique pour le groupe. Tous et toutes ont trouvé leur place dans le processus.
Le point culminant du projet ? Une présentation finale devant parents et proches, dans une salle de spectacle professionnelle, avec éclairage et mise en scène. Un moment chargé d’émotion, où fierté, larmes et applaudissements ont rempli l’enceinte du théâtre.
Un art qui ouvre des portes
Pour l’équipe du Centre des arts Juliette-Lassonde, ce projet rappelle l’essentiel : miser sur la qualité plutôt que la quantité, s’entourer de partenaires engagés, accepter de sortir des cadres habituels et, surtout, rester à l’écoute. Il démontre aussi que l’accessibilité culturelle n’est pas réservée aux grands centres : en région, l’innovation est non seulement possible, mais nécessaire.
Ce projet a ouvert la porte à de nouveaux partenariats, à une réflexion continue sur l’inclusion et à une volonté affirmée d’accueillir des publics trop souvent éloignés des salles de spectacle. Il envoie aussi une preuve indéniable de l’accessibilité de la danse. D’abord aux programmateurs : la danse peut rejoindre un public plus large qu’on se l’imagine à première vue. Puis aux familles avec des enfants à besoins particuliers : les lieux de diffusion culturels sont ouverts à la différence, et flexible dans leur approche.
Pour le Centre des arts, le message est clair : il faut oser !
Oser proposer des projets qui dépassent la simple présentation.
Oser créer des espaces où l’art devient relation, où la scène devient un lieu de rencontre, où chaque personne, peu importe ses capacités, peut être artiste.
Parce qu’au-delà du mouvement, la danse est un art de rencontre et, parfois, elle bouge bien plus que des corps : elle transforme des vies.
Le Centre des arts et La DSR tiennent à remercier tous.tes les intervenant.e.s et participant.e.s, de même que la fondation L’effet qui a soutenu le projet.
Découvrez ICI un extrait vidéo.





