Dans un territoire où la culture se vit souvent au rythme de la saison touristique estivale, Mandoline Hybride a choisi d’innover pour sa communauté. Avec Hautes Fréquences, l’organisme déploie une tournée hivernale nomade dédiée aux street dances et à la culture hip-hop, une initiative rassembleuse et communautaire avec des artistes de haut calibre !
Quand l’idée rencontre le besoin
Pratiquées principalement dans les grands centres urbains, les street dances sont peu présentes en Gaspésie. Les jeunes parents se souviennent de cette culture qui a parfois bercé leur jeunesse, leurs enfants connaissent la musique et les mouvements grâce à Internet. Mais rien ne vaut l’expérience d’un événement en chair et en os !
C’est ce constat qui a donné naissance à Hautes Fréquences. L’idée : aller là où ces danses ont été peu diffusées, créer de vraies rencontres avec les artistes et faire découvrir la culture hip-hop de manière authentique. Après plusieurs éditions limitées à la Haute-Gaspésie, la 4e édition en 2025 a permis d’entamer une version nomade, alors que les artistes se déplaçaient d’une municipalité à l’autre durant deux semaines chargées de performances et d’ateliers. De Matane à Gaspé, en passant par Gascons, Carleton-sur-mer, Maria, Sainte-Anne-des-Monts et bien sûr Marsoui, Hautes fréquences laisse sa trace énergique dans la péninsule !
Une formule gagnante
Au cœur de Hautes Fréquences, il y a les artistes. Chaque année, le commissaire invité Sovann Rochon-Prom Tep, figure du break, sélectionne celles et ceux qui feront vibrer le public. Certaines éditions ont mis en lumière les pionnières, d’autres ont révélé la relève.
Côté technique, la tournée est autonome et mobile. Système de son, console de DJ, artistes : tout se transporte facilement pour s’installer dans un gymnase, un centre communautaire ou une salle récréative. Même un théâtre peut accueillir la tournée, mais toujours dans l’esprit de proximité : le public s’assoit sur scène, au plus près des danseur.se.s.
L’expérience acquise par Mandoline Hybride avec le festival FURIES a permis de développer des outils cruciaux, des partenariats et des stratégies de déploiement bien rodées. Chaque partenaire de la tournée Hautes Fréquences reçoit des éléments de communication, comme des affiches et des vidéos, qu’il peut adapter à son identité. Cette formule clé en main permet à des organismes communautaires et des municipalités de pouvoir communiquer de manière efficace sur l’événement, même si leurs ressources internes sont limitées.

Et le lien entre Hautes Fréquences et le festival FURIES est encore plus profond que l’application des outils développés pendant ce dernier. En effet, les deux initiatives se complètent : l’une l’hiver, l’autre l’été. Chacune prépare l’autre. Les artistes que le public a découverts pendant la tournée hivernale se retrouvent à FURIES l’été. Le plaisir est double : revoir ces talents, mais surtout renforcer un lien déjà créé. Ce sont également deux manières différentes de voir la danse : Furies propose une immersion intense dans l’univers de la danse contemporaine et expérimentale, avec de larges publics locaux et touristiques, tandis que Hautes Fréquences mise sur l’aspect communautaire des rencontres. Ensemble, ces deux festivals montrent que la danse peut prendre mille formes, se vivre partout et toucher tous les publics.
Vivre l’événement de l’intérieur
Qu’attendre concrètement d’un événement Hautes Fréquences ? Une grande fête des street dances ! L’expérience commence avant même que le premier pas de danse ne soit tracé. Le public entre dans une atmosphère chaleureuse, un espace suspendu où il est invité à prendre place, interpellé. Les enfants sont curieux, les adultes nostalgiques.
Avant de lancer la danse, c’est Sovann Rochon-Prom Tep lui-même qui propose aux spectateur.rice.s un survol des différents styles de street dances qui seront présentées et du contexte historique d’où émergent ces pratiques. Puis, vient la performance. Les spectateur.rice.s sont au plus près des artistes, au cœur du mouvement. Pour conclure, tout le monde est invité à danser ! Les artistes montrent des mouvements au public, l’apprentissage et le plaisir se mélangent, le mouvement s’ancre dans la mémoire de chacun.

Cette expérience collective est d’autant plus chaleureuse que les participant.e.s la vivent avec leurs voisin.e.s, dans des lieux qu’ils connaissent déjà. Une valorisation nécessaire de ces publics s’opère, pour lesquels des artistes de grand talent font le voyage. Cette appréciation est pérenne : d’année en année, le public découvre diverses techniques de danses et les approches du mouvement selon les artistes. Diffuseurs et spectateur.rice.s ont hâte de découvrir quel pan des street dances sera mis à l’honneur à l’édition suivante. L’hiver dernier, la tournée a touché environ 750 personnes. La preuve est faite : même en basse-saison pour le tourisme, la danse peut rassembler et créer du lien !
Les Histoires du dimanche
Les diffuseurs membres de La DSR se réunissent et s’engagent pour déployer et faire rayonner la danse à travers les territoires du Québec auprès d’un plus grand nombre. Unis par cette passion commune, ils choisissent des spectacles d’artistes d’ici, des œuvres qui résonneront avec leurs publics, qui les surprendront, ou les feront réfléchir. Dans le but d’inspirer la communauté de La DSR et de partager les succès des pair·e·s, nous vous présentons les Histoires du dimanche, des portraits des initiatives à succès, de grandes ou de petites victoires qui ont fait avancer la diffusion de la danse québécoise.
Photographies © Moïse Marcoux-Chabot
(Photo 1 : Gaëlle Fabre / Photo 3 : Tash, Promo, DJ Nokturn et Néné / Photo 4 : Promo)






