L’automne dernier, Culture Trois-Rivières (Culture 3R) a fait vibrer la scène de la salle J.-Antonio-Thompson en organisant une levée de rideau bien spéciale en ouverture du spectacle Minuit quelque part. Sur scène, une vingtaine d’élèves-danseuses du programme de danse du Collège Marie-de-l’Incarnation, ont présenté une courte pièce chorégraphiée par un interprète du spectacle, Zachary Bastille. Pour plusieurs spectateur·trice·s, ce fut un moment inoubliable : une plongée directe dans l’univers de la danse contemporaine, parfois pour une première fois, portée par l’enthousiasme contagieux de ces jeunes artistes en herbe.
Nous avons rencontré Lisa Dugré, coordonnatrice de programmation – arts de la scène chez Culture 3R, afin qu’elle nous éclaire davantage sur ce projet qui a plu autant aux plus jeunes qu’aux adultes.
Une immersion dans la création
Tout est parti d’une idée simple, mais pleine de sens : permettre à de jeunes danseuses en formation de vivre la danse de l’intérieur, directement avec des artistes professionnel·le·s.
Accompagnées par Zachary, les élèves ont créé une courte chorégraphie inspirée d’un des tableaux de l’œuvre.
Le défi était de taille : vingt participantes aux niveaux variés — c’était la première année du programme et plusieurs n’avaient jamais mis les pieds sur un véritable plateau — et une immense scène à habiter. Les quelques visites du chorégraphe, combinées aux nombreuses heures de répétition entre camarades, leur ont permis de préparer le projet avec assurance. Ce fut un véritable accomplissement pour ces jeunes danseuses, qui ont eu la chance de se produire sur la plus grande salle intérieure de Trois-Rivières, un lieu bientôt centenaire et chargé d’histoire.
Une soirée qui rassemble
Cette soirée a aussi été un succès en termes de développement de public. Présenté en début de saison, une période souvent plus exigeante pour la promotion étant donné le court laps de temps entre le dévoilement et les représentations, le spectacle a su mobiliser un public nombreux et diversifié grâce à cette initiative venue de la collaboration naturelle entre le diffuseur et CAPAS • Label de danse, producteur du spectacle.
Familles, ami·e·s venu·e·s les encourager et curieux·ses ont répondu à l’appel et se sont laissés emporter par la proposition. À la sortie, un spectateur, que l’on soupçonne être le grand-papa de l’une des jeunes danseuses, a confié avec émotion qu’il venait d’assister à son tout premier spectacle de danse… mais qu’il comptait bien revenir à nouveau. Des mots simples, mais qui résument bien l’esprit du projet : faire découvrir la danse contemporaine, en misant sur l’émotion, la curiosité et la fierté partagée.
Un pont entre notoriété et découverte
La renommée auprès du grand public des artistes impliqué·e·s dans Minuit quelque part, notamment Lydia Bouchard que le grand public a appris à connaître comme maître à Révolution, a également contribué à attirer un public plus large. Cette rencontre entre des artistes à forte notoriété et une esthétique plus contemporaine crée un véritable pont entre le grand public et la danse actuelle : elle la rend plus accessible, plus vivante, plus proche.
L’équipe souhaite d’ailleurs reconduire cette formule, convaincue qu’elle permet de tisser des liens durables entre la scène, les artistes et la communauté — et ainsi partager chaque fois un peu plus la passion de la danse à Trois-Rivières.
Photo de couverture : Minuit quelque part de CAPAS • Label de danse. Interprètes sur la photo : Zachary Bastille, Sophie Breton, Alexandre Carlos, Véronique Giasson, Cai Glover, Kyra Jean Green, Katerine Leblanc, Danny Morissette, Lila-Mae Talbot, Yoherlandy Tejeiro Garcia. Photo : Sylvie-Ann Paré.
Les Histoires du dimanche
Les diffuseurs membres de La DSR se réunissent et s’engagent pour déployer et faire rayonner la danse à travers les territoires du Québec auprès d’un plus grand nombre. Unis par cette passion commune, ils choisissent des spectacles d’artistes d’ici, des œuvres qui résonneront avec leurs publics, qui les surprendront, ou les feront réfléchir. Dans le but d’inspirer la communauté de La DSR et de partager les succès des pair·e·s, nous vous présentons les Histoires du dimanche, des portraits des initiatives à succès, de grandes ou de petites victoires qui ont fait avancer la diffusion de la danse québécoise.





