J’entre dans la Matrice pour pleurer les rêves dont j’ai hérité, des technologies pour contrôler mon corps. Cette veillée est une danse.
Sans image de soi. Je fonce tout droit, savoure la solitude.
Sans honte aucune, je confie cette danse à ma chair, selon ses goûts, ses aptitudes. Je n’ai que faire du
succès. Il n’y a ni victoire ni défaite. Ni contrôle. Nous entrons dans le trou.
Résultat d’une confiance totale en le corps, faith hole se chorégraphie à travers les mouvements irréfléchis qui déchirent l’artiste. Avançant implacablement, embrassant toujours son itération future, rejetant les vestiges nostalgiques du soi, tout en exposant les échardes de sa personne au public. Dans ce solo, Nate Yaffe cultive un échange non transactionnel entre l’artiste et les spectateurices, s’offrant comme un orifice ouvert déversant leurs histoires charnelles d’une vulnérabilité et d’un humour désarmants. Il déterre ses mémoires musculaires comme des artefacts d’un corps conditionné par une formation de danse classique, des valeurs hétéro-masculines intériorisées et une hyperactivité réprimée, révélant la danse queer innée qui vit en dessous.


